Le sommeil du nouveau-né – un rythme à suivre

« Je n’en peux plus, mon bébé ne fait pas ses nuits », se plaignent souvent les jeunes parents. De tous les mammifères, c’est pourtant le nouveau-né humain qui dort le plus, ne semblant se réveiller pendant les premières semaines que pour réclamer à manger avant de se rendormir dès qu’il a le ventre plein.

Avant la naissance
Rappel : un enfant est appelé nouveau-né de la naissance jusqu’à l’âge de deux mois

En temps normal
• Entre la 24e et la 26e semaine de gestation, le fœtus dort pratiquement en permanence.
• De la 27e à la 32e semaine, son sommeil s’organise, avec des phases de sommeil calme et des phases de sommeil agité.
• À partir de 32 semaines (7 mois et demi) de gestation, le sommeil occupe encore 95 % du temps. Son organisation est proche de celle du nouveau-né, avec un sommeil agité – parfois confondu avec un état de veille – qui représente les deux tiers du temps en alternance avec des phases de sommeil calme, très bien identifiées par la mère.

Le nouveau-né prématuré
Un prématuré dormirait spontanément 95 % du temps s’il n’était pas perturbé par les soins, l’alternance jour-nuit et l’environnement du service de pédiatrie. À l’inverse, un prématuré très stimulé par l’environnement peut rester éveillé 25 % du temps sans présenter de trouble particulier. L’organisation du sommeil rattrape peu à peu celle d’un enfant né à terme.

À la naissance
L’organisation du sommeil
Le nouveau-né dort en moyenne 16 heures par jour, soit les deux tiers du temps, mais les variations sont importantes, de 14 à 20 heures, sans être anormales : il y a des petits et des gros dormeurs dès la naissance.
On note au moins quatre éveils nocturnes et quatre éveils diurnes, qui apparaissent globalement toutes les 3 heures, avec une plage d’éveil plus longue autour de 9 heures, 18 heures et 3 heures du matin. De multiples éveils brefs peuvent entrecouper les phases de sommeil. Cette organisation, qui ne distingue pas le jour et la nuit, persiste au moins deux à trois semaines après la naissance.
• Les éveils réguliers, avec pleurs fréquents, sont liés à la faim et au besoin de téter. Le nouveau-né se rendort, sauf lors des trois éveils plus longs, dès que la satiété est perçue et parfois avant la fin de la tétée : quelle mère n’a pas connu le nouveau-né endormi sur son sein ou sur le biberon ?
• Les éveils plus brefs, et souvent sans pleurs, peuvent être liés à une stimulation (bruit, lumière) ou un inconfort.

La structure du sommeil
Le sommeil du nouveau-né est une alternance de sommeil calme et de sommeil agité, que l’on peut enregistrer sur un électro-encéphalogramme.
• Le sommeil agité occupe 60 % du temps de sommeil. Le tonus musculaire, alors très faible, est entrecoupé de mouvements corporels plus ou moins secs et de mouvements des yeux derrière les paupières closes.
• Le sommeil calme, sans mouvements notables, occupe 35 à 40 % du temps de sommeil.
• Le sommeil transitionnel. Les 10 à 15 % du temps restant sont occupés par un sommeil transitionnel, état intermédiaire qui disparaîtra pratiquement vers l’âge de deux mois.

Vers un mois
L’organisation du sommeil
• Durée. Le sommeil du nouveau-né a évolué et commence à tenir compte du rythme jour-nuit. Sa durée a diminué d’une heure pour un total moyen de 15 heures.
• Éveils nocturnes. Il ne persiste plus en général que deux éveils nocturnes avec demande de tétée vers minuit et 4 heures du matin. Il faudra néanmoins attendre la fin du 3e mois pour que la plupart des nourrissons fassent une nuit sans éveil entre minuit et 6 heures du matin.
Deux plages d’éveil diurne s’allongent vers 6 heures et 18 heures : c’est le moment idéal pour pratiquer les soins et développer les contacts affectifs parents-enfant.
• L’endormissement reste facile. Vers deux mois, certains nourrissons s’endorment déjà plus facilement après un câlin et montrent une première résistance s’ils sentent qu’on les met au lit plus pour se débarrasser d’eux que pour leur bien-être.

La structure du sommeil
Le sommeil calme gagne un peu de temps alors que le sommeil agité recule.

Le génôme humain – les gènes, supports de l’hérédité

Chacun de nos quarante-six chromosomes contient des gènes. Ces segments d’ADN déterminent comment chaque cellule (cellule musculaire, neurone, etc.) fonctionnera durant toute sa vie . L’ensemble des informations héréditaires contenues dans les gènes d’un être humain constitue son génome. Il est unique

Particularité du gène
Localisation
Le support de l’information génétique est l’ADN, acide désoxyribonucléique, contenu dans le noyau de chacune des cellules de l’être humain. L’ADN est composé de molécules qui, en s’associant à des protéines forment, les chromosomes. L’ensemble des chromosomes contenus dans une cellule constitue le génome. Le génome humain comporte 23 paires de chromosomes. Les gènes contiennent les instructions nécessaires au bon fonctionnement de chaque cellule. Il y a, généralement, un millier de gènes dans un chromosome.

Description
Un gène est un fragment d’ADN constitué d’un enchaînement de maillons élémentaires appelés nucléotides ou bases. Il existe quatre nucléotides symbolisés par les lettres C, G, T, A. L’ordre et la séquence des bases constituent la forme de stockage de l’information biologique, et sont spécifiques à un individu. Par exemple, il est maintenant connu que la couleur des yeux est commandée par un gène spécial. Ce gène aura une séquence de nucléotides particulière chez un individu aux yeux bleus, et une séquence un peu différente chez un individu aux yeux marron.

Identité génétique
Les êtres vivants présentent des génomes qui diffèrent par leur taille, leur nombre et la nature des instructions qu’ils contiennent. Deux individus de la même espèce possèdent un catalogue commun d’instructions, avec son bagage propre de gènes.
L’identité génétique est réalisée par la technique d’empreinte génétique  qui permet d’obtenir un document se présentant sous forme d’une succession de traits parallèles plus ou moins écartés les uns des autres. Chaque trait correspond en principe à un gène. Les empreintes génétiques montrent que chaque être humain, à l’exception des vrais jumeaux,  possède, au niveau de son ADN, un bagage génétique unique. Mais, si ces empreintes sont nettement différentes chez les personnes non apparentées, il existe quelques traits communs chez les personnes d’une même famille.

Mutations génétiques
Ces altérations de l’ADN du chromosome peuvent apparaître à n’importe quel niveau de celui-ci, et se traduire par l’activation de gènes, provoquant une prolifération anormale des cellules. Il en résulte la formation de tumeurs, parfois cancéreuses. Plusieurs facteurs aggravent  la fréquence de ces mutations :

Certains agents chimiques
C’est le cas des produits cancérigènes comme le benzène ou l’amiante.

Des agents physiques
Le plus connu est l’exposition excessive au rayonnement solaire.
Quand la mutation n’atteint pas les gènes des cellules sexuelles (spermatozoïdes et ovules), elle n’est pas transmise à la descendance. Mais si elle affecte les cellules sexuelles, elle devient maladie héréditaire.
Heureusement, ces transformations apparaissent le plus souvent dans des endroits où l’ADN est inactif, dans des zones où il n’y a pas de gènes, et elles sont donc sans conséquence pour le corps humain.

Applications
De nombreuses avancées sur la connaissance du génome humain ont déjà
été réalisées et permettent d’expliquer certains phénomènes comme, par exemple, le fonctionnement et la cause de certaines maladies génétiques (myopathie, hémophilie, etc.). Des études sont en cours pour en connaître davantage et faire progresser les domaines biologiques, médicaux et pharmaceutiques.

Les applications thérapeutiques
La génétique est la science relative aux gènes et à l’hérédité. Sa connaissance est une étape importante dans la compréhension des phénomènes biologiques au niveau cellulaire. Ses applications devraient faire progresser les domaines de la médecine ou de l’industrie pharmaceutique.
• Dépistage. Aujourd’hui, grâce à la connaissance en génétique, il est possible de dépister des maladies héréditaires (trisomie, mucoviscidose, etc.) dès la grossesse, par amniocentèse. Les parents peuvent donc être prévenus d’un éventuel problème génétique chez leur enfant qui n’est pas encore né.
• Thérapie génique. Elle consiste à utiliser des gènes comme médicaments, ou à corriger un gène défectueux dans une cellule. Cette pratique a été testée dans le traitement des cancers, de la mucoviscidose et d’autres maladies génétiques.

La science du futur
D’autres applications sont en cours d’étude :
• Thérapie cellulaire. Elle consiste à utiliser des cellules embryonnaires pour remplacer d’autres cellules, tissus ou organes défaillants. Dans le cas d’une brûlure de la peau par exemple, la thérapie cellulaire consisterait à injecter des cellules embryonnaires au niveau de la lésion. Puis, de faire en sorte qu’en « trafiquant » leurs gènes, celles-ci évoluent en cellules épidermiques (cellules de la peau) pour remplacer la partie brûlée visible.

Le clonage
Il consiste à remplacer le génome complet d’une « cellule-modèle » dans le noyau d’une autre cellule. Le but est de créer un individu conforme au modèle. Le clonage a été réalisé pour la première fois sur la brebis Dolly, en 1996.

Le projet « génome humain »
La communauté scientifique internationale a initié ce projet en 1990 dont la mission était d’établir le séquençage complet des 3 milliards de paires de bases du  génome humain, en déterminant leur ordre exact. La séquence complète a été terminée en 2004. L’autre but de ce programme était d’identifier tous les gènes contenus dans nos chromosomes. Cette partie du projet n’est pas encore finie, malgré un compte préliminaire indiquant 25 000 gènes dans le génome humain.

Le cou – un solide port de tête

Le cou est méconnu. On ne pense à lui que lorsqu’il se rappelle à nous par un torticolis ou autre douleur lancinante. Pourtant, cet ensemble d’os, de muscles  et de ligaments est essentiel à la statique du corps et porte la partie la plus prestigieuse de l’organisme : la tête.

Description
Chez le tout-petit, les muscles sont encore trop faibles pour porter la tête qui représente un 1/4 de la taille du corps (contre 1/8 chez l’adulte). C’est la partie la plus lourde de son organisme : le cou possède donc un enchevêtrement de muscles pour la soutenir.

Les muscles profonds
• Les hyoïdiens. Essentiels pour la déglutition, ils assurent l’abaissement de l’os hyoïde et du plancher buccal.
• Le splenius capilis qui prolonge et tourne l’épine dorsale.
• Le sterno-hyoïdien permet de tourner la tête du côté opposé à la contraction en l’inclinant du côté de celle-ci.
• Les scalènes jouent un rôle dans l’inspiration, le fléchissement et la rotation des vertèbres cervicales.
• Le muscle angulaire. Élevateur de l’omoplate, il permet de tourner et d’incliner la tête du même côté.
• Le rhomboïde est un élevateur, et un adducteur, de l’omoplate qu’il colle  contre la cage thoracique.
• Le serratus agit sur la traction avant de l’omoplate.

Les muscles superficiels
• Le trapèze qui recouvre les muscles splenius capilis et le rhomboïde, sert notamment à l’extension de la tête et à soulever les épaules vers l’arrière.
• Le sterno-cléido-mastoïdien, très puissant, connecte l’épaule au crâne et fait tourner la tête, la fléchit en avant, s’opposant ainsi au trapèze.

Utilité du cou
Le cou sert avant tout à maintenir la tête dans une bonne position. Mais il a deux autres rôles fondamentaux :

La mobilité de la tête
Il permet à la tête de se mouvoir de bas en haut (flexion/extension), de droite à gauche, sur le côté ainsi qu’en rotation. Ainsi, un cou bien mobile peut réaliser des flexions extensions de plus ou moins 90 ° (menton posé sur la base du cou ou au contraire crâne en appui sur le haut du dos). Sur le côté, la flexion peut aller jusqu’à 120 ° (oreille posée sur l’épaule). En rotation, l’angle maximal est aussi de l’ordre de 120 °. Il est donc impossible  de tourner complètement la tête pour regarder son dos.

Une grande voie de passage
C’est par le cou que passent l’œsophage et la trachée (conduit transportant l’air depuis la gorge jusqu’aux poumons). C’est par lui également que passent de nombreuses veines et artères irriguant le cerveau (carotides, jugulaires…) ainsi que de nombreux nerfs essentiels : les pneumogastriques, les nerfs spinaux, les nerfs phréniques, les nerfs récurrents. Sans oublier la moelle épinière, protégée par les vertèbres cervicales.